—Emma Pavoni
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Le travail visible d’ Emma Pavoni, apparaît principalement sous l’aspect de formes matérielles, ou d’images de formes. Des choses présentes, des présences.
Vous voyez une sculpture ; sa forme globale est linéaire, proche du dessin. Vous vous approchez et les matériaux employés, se révèlent alors : ce gris-là est du plomb, ce marron de la terre, ce jaune-ci de la cire.

Les matériaux toujours bruts, sans fard.

La facture de la surface est celle du geste, du vivant, du mal-fait, de l’abîmé, du palpable, tout le contraire de l’ensemble minimaliste qui apparut au départ. C’est la matière qui parle de matière ; dans la boursouflure, la rugosité, la bulle inattendue, l’endroit réparé, le cheveu incarné : une mise en abyme de la matière dans sa physicalité.

Ces formes énigmatiques, voire abstraites agissent sur le regardeur par analogie : vous les avez déjà vues, ou pas pareilles, dans la vraie vie ou dans un rêve, sur votre frigo ? Il y a dans la pratique d’Emma beaucoup de plaisir dans le processus de création : la préparation par le croquis, les différentes étapes de la fabrication, les finitions.
Pour réaliser ses sculptures Emma Pavoni travaille à partir de moules qu’elle fabrique. Ils accueillent et embrassent la matière qui deviendra dure. Elle attend. La forme est sortie puis nettoyée, réparée, retravaillée, rafistolée : du détail grossier. Le travail plastique d’Emma, est plein d’antagonismes : minimaliste et gestuel, rugueux et luisant, régulier et maladroit. 

Ce sont des choses à voir, il n’y a rien à en dire. 


​Léa Puissant 
www.leapuissant.com